D'après le cours de Mme POIRON.

Voici quelques idées reçues :
N°1 : On apprend mieux lorsque l’enseignement est adapté à notre style de mémoire (visuel, auditif ou kinesthésique).
On peut avoir des préférences liées à un mode d'apprentissage particulier, mais le fait d'apprendre en fonction de ces préférences ne favorise pas un meilleur apprentissage. Au contraire, Il est important de varier les façons de présenter un même contenu d'apprentissage (visuels, auditif, kinesthésique). On parle d’apprentissage multimodal.
N°2 : Il suffit de comprendre pour retenir.
Comprendre et mémoriser sont deux processus cognitifs distincts mais intimement entremêlés : On ne peut pas comprendre sans savoir, et il est difficile de mémoriser une notion sans l’avoir comprise.
N°3 : Lire à plusieurs reprises sa leçon est une bonne stratégie pour la retenir sur le long terme.
La lecture est la stratégie la moins efficace pour mémoriser sur le long terme …
C'est un apprentissage passif avec un faible niveau d'effort ce qui active peu les neurones.
N°4 : On muscle sa mémoire en apprenant des poésies.
La cerveau n’est pas un muscle… Les mécanismes de la mémoire diffèrent suivant la nature de l’objet d’apprentissage. S’entrainer à mémoriser des poésies nous rend plus performant pour mémoriser des poésies ….
N°5 : On peut apprendre de nouvelles choses en dormant en diffusant un audio pendant notre sommeil.
Pour être mémorisée, l’information doit être traitée consciemment par le cerveau. Il est donc impossible d’apprendre de « nouvelles choses » en dormant. En revanche, il est vrai que le sommeil permet de consolider les apprentissages de la journée.
La mémorisation est essentiellement spontanée mais les apprentissages scolaires exigent une mémorisation volontaire et de long terme.
Tout commence avec la mémoire à court terme :

1. La mémoire de travail ou mémoire à court terme

Il s'agit de la mémoire instantanée. Elle est limitée dans la durée et dans sa capacité avec un empan mnésique d'environ 7.
On atteint vite une surcharge cognitive (trop d'infos, trop rapide, trop complexe, trop long).
Essayer de mémoriser la suite de lettres cachées derrière ce
PMCSFNCPDTFNEAEOE
.
Cachez les lettres et récitez-les. Quel est votre en terme de nombre de lettres retenues ?

Pour développer sa mémoire de travail, il faut avoir acquis des automatismes. Ainsi la mémoire à court terme qu'est la mémoire de travail pourra s'appuyer sur ces automatismes, des catégories et des concepts ancrés dans la mémoire à long terme.
Plus on apprend, plus on est efficace pour apprendre !

Essayer de mémoriser la suite de lettres cachées derrière ce
SNCF CPE PME OTAN EDF
.
1 - Cachez les lettres et récitez-les. Quel est votre toujours en terme de nombre de lettres retenues ?
2 - Est-ce mieux que pour l'exercice précédent ? Noter que le nombre de lettres à mémoriser est le même dans les deux exercices.
Code source (modification) :
Mémorisation 0x - Réussite 0/0
Est-il possible d'augmenter sa mémoire à court terme (mémoire de travail) ?
Cocher la bonne réponse.

2. La plasticité cérébrale

Acquérir des connaissances et des habiletés, c’est créer ou modifier des connections neuronales pour former les réseaux de neurones dans le cerveau.
Le cerveau est constitué de 85 milliards de neurones et un million de milliards de connexions entre ces neurones.
Évolution des connexions neuronales
illustrant la plasticité cérébrale
Courbe d'oubli d'Ebbinghaus

En début d'apprentissage, les connexions créées sont fragiles et on oubli rapidement. Les courbes de l'oubli du physicien allemand Ebbinghaus (1885) expliquent que lors d'un 1er apprentissage, seul 5% des connaissances sont mémorisées à long terme.

L'oubli est un mécanisme naturel, et . L'information ne disparaît pas totalement du jour au lendemain mais elle s'estompe avec le temps (elle est alors plus difficile d'accès) et se déforme (création de faux souvenirs ou de pseudo-règles).

Ces valeurs varient selon les personnes et le contexte d'apprentissage : Plus un savoir est dénué de sens, incompréhensible, sans utilité claire et/ou , plus l'oubli est rapide.

En conséquence, il faut savoir pourquoi on apprend et réviser ses apprentissages pour les consolider !

Code source (modification) :
Mémorisation 0x - Réussite 0/0/4
L'oubli est un mécanisme :
Cocher la ou toutes les bonnes réponses.

3. L'apprentissage distribué / Les révisions expansées

Un apprentissage ne se fait pas en une seul fois mais doit être distribuer dans le temps. En résumer, il faut réviser et ces révisions seront d'autant plus efficace qu'elles sont espacées dans le temps car cela demande plus d’efforts de récupération en mémoire (donc active davantage les neurones).
De plus, cet espacement permet de dormir entre deux révisions ce qui permet de consolider les apprentissages durant le sommeil.

L'idéal est d'utiliser le principe des reprises . Il est important de réviser mais ces révisions doivent se faire de plus en plus espacées dans le temps, au bout de :
  • 10 minutes,
  • 3 heures (le soir),
  • 1 jour (le lendemain),
  • 1 semaine,
  • 1 mois,
  • 3 mois
  • et 1 an.

Ce qui fait 7 révisions pour s'en rappeler toute la vie. Évidement cela est un idéal qu'il faut adapter à son quotidien.

C'est ainsi qu'une connaissance passe de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme.

Courbes d'oubli d'Ebbinghaus avec révisions

Retenir que :

  • le taux de mémorisation augmente à chaque révision,
  • l'expansion des révisions permet une meilleure fixation des savoirs,
  • le taux de mémorisation dépend de l'attention, mais aussi de la fatigue ou du sommeil.
Ici, sur chocolatine, ce principe de révisions expansées est appliqué. Chaque réponse à une question est datée afin d'être notifier s'il est nécessaire d'attendre pour continuer à répondre à un lot de question. Un temps indicatif est précisé et permet d'étaler les révisions.
Exemple d'un lot de questions sur Chocolatine
Code source (modification) :
Mémorisation 0x - Réussite 0/0
Pourquoi un apprentissage distribué (révisions expansées) est bénéfique ?
Cocher la ou toutes les bonnes réponses.

4. Stratégies de mémorisation

4.1. Pourquoi mémoriser ?

De nos jours, on trouve tout sur Internet, alors ça sert à quoi de mémoriser ?

  • Cela sert à développer une pensée critique pour éviter des arnaques ou être capable de s'exprimer sur un sujet de manière pertinente.
  • D'être plus créatif en mixant les connaissances.
  • Mais cela permet aussi de se sociabiliser et de se sentir utile en étant capable d'aider autrui par exemple.
Sans mémoire aucun apprentissage n’est possible. Sur la base de structures innées chez l’être humain :
  • Apprendre c’est faire des liens avec des connaissances déjà en mémoire.
  • Plus il y a de liens avec des connaissances pré-existantes, plus la nouvelle connaissance est solide. Les prérequis en sont un exemple.
Ainsi aborder une connaissance sous plusieurs aspects et selon plusieurs modes (visuel, auditif ou kinesthésique) permet de la rattacher à de nombreuses connaissances existantes en créant de nombreuses connexion neuronales. Plus on apprend, plus on est efficace pour apprendre !
Une nouvelle connaissance est d'autant mieux mémorisée
qu'elle se lie à plusieurs connaissances existantes

4.2. Connaître ou reconnaître ?

Connaissez-vous le logo de Google ?
Si oui, s'agit-il de celui-ci :
Si oui, pouvez-vous retrouver les couleurs de chacune des lettres ?
Pour conclure, connaissiez-vous le logo de Google et étiez-vous juste capable de le reconnaître ?
Reconnaître n'est pas connaître !
Reconnaître peut donner l’illusion de savoir.

4.3. Méthodes d'apprentissage et de révisions

Lire à plusieurs reprises sa leçon ne permet pas de s'assurer qu'on la connaît mais peut donner l'illusion de savoir. Cette stratégie est la moins efficace pour mémoriser sur le long terme car c'est un apprentissage passif avec un faible niveau d'effort ce qui active peu les neurones.

Mémoriser nécessite des efforts par un apprentissage actif.

Selon la façon dont on apprend, le taux de rétention de l'information peut fortement varier : de 5% pour une simple écoute jusqu'à 90% lorsque l'on est capable d'expliquer soit même à quelqu'un d'autre ce que l'on vient d'apprendre.

Cette pyramide s'explique par l'activation des neurones. Plus il y a de neurones sollicités, plus la mémorisation est durable du fait de la .

Taux de rétention de l'information selon la méthode d'apprentissage
Pyramide de Miller
Les trois principes pour une mémorisation efficace sont :
  • La récupération en mémoire : Il est donc préférable de réciter un cours ou de l'expliquer à quelqu'un, plutôt que de le relire.
  • Le questionnement et l’élaboration d’explications : Il faut comprendre et faire des liens avec des connaissances antérieures pour bien ancrer la nouvelle connaissance dans notre mémoire à long terme.
  • La rétroaction immédiate : Il faut tout de suite savoir si l'on s'est trompé ou pas pour se corriger et éviter de consolider une erreur.
Ces principes permettent d'activer au maximum de neurones et ainsi de renforcer les connexions neuronales. Ainsi la structure formée dans le cerveau est plus robuste et la connaissance s'inscrit à long terme.
Ici, sur chocolatine, répondre aux questions permet d'être actif dans son apprentissage, ce qui assure une mémorisation efficace en mobilisant au maximum les neurones !
Code source (modification) :
Mémorisation 0x - Réussite 0/0
À quoi cela sert-il d'apprendre ? Il y a tout sur Internet !
Cocher la ou toutes les bonnes réponses.

5. Les points essentiels :

  • Connaître le principe de .
  • Développer sa mémoire en utilisant des stratégies efficaces (apprentissage actif).
  • Développer des automatismes pour penser plus aisément.
  • Savoir s’autoévaluer, se questionner pour vérifier ou approfondir sa compréhension.
  • Dormir ! Manger équilibré ! Faire du sport !
Il ne faut plus se dire : "J’ai une mauvaise mémoire et je n’y peux rien."
mais : "Je dois changer de stratégies pour mémoriser plus efficacement."